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European Hill Race Eschdorf 2014: 35 millièmes pour une victoire!

Publié le 05/05/2014 dans Automobile | 0 commentaires

« C’était intense jusqu’au bout et me rappelle des bagarres qu’on a vécues il y a quelques années », fut l’un des commentaires du quadruple et actuel champion de France Nicolas Schatz tout juste avant de monter sur le podium final pour célébrer sa victoire de cette belle 26e édition de l’European Hill Race d’Eschdorf. Une certaine mélancolie et des souvenirs pas si lointains de l’époque où régulièrement quelques millièmes séparaient le nouveau roi d’Eschdorf du « petit prince » de la Montagne qui jusqu’en 2010 avait si souvent, à 6 reprises, inscrit son nom au palmarès de l’épreuve luxembourgeoise, planaient sur le petit village ardennais avant que la Marseillaise ne résonnait et que le champagne ne fut sabré.

35 millièmes! 0,035 secondes! Bref, un clin d’oeil, pas plus, a finalement fait la différence entre celui qui était venu, pour la toute première fois de sa carrière, découvrir ce tracé atypique, « court, certes, mais très difficile à apprivoiser, avec des enchainements très rapides sur une route extrêmement large, des passages que nous n’avons pas l’habitude de rencontrer en championnat de France », et préparer pour les FIA Masters qui s’y dérouleront les 11/12 octobre prochain, et le champion suisse 2013 Eric Berguerand qui, avec deux 3e et une 4e place à son actif ici-même, pouvait s’appuyer sur une excellente connaissance du terrain, tout en y illustrant les énormes progrès, notamment en matière de gain de poids, faites par sa Lola-Cosworth Fa99 durant la trêve d’hiver. Si dans le passé, le « Bergus » n’avait jamais réussi à franchir le mur magique des 50 secondes pour les 1,850 mètres de la côte eschdorfoise, cette fois-ci il se paya même le luxe de pulvériser l’ancien record (49,470) de son compatriote Marcel Steiner établi l’an dernier. En effet, en 48,990 secondes, Berguerand réalisa le meilleur temps absolu de la journée sur une seule montée, mais devait s’incliner de ces fameux 35 millièmes à l’addition des deux meilleures montées : « On a été vite, très vite aujourd’hui, c’est la folie. Maintenant place au repos et au ressourcement avant le coup d’envoi de notre championnat suisse d’ici 6 semaines.» Si la moyenne de 135,95 km/h paraît peu élevée par rapport à certains tracés étrangers, le milieu du parcours avec sa longue ligne droite et ses deux enchaînements ultra-rapides est en effet négocié à des vitesses hallucinantes, demandant un tout gros coeur et énormément de confiance en la voiture et ses réglages. Un exercice dans lequel excellaient les deux comparses en ce dimanche ensoleillé devant un public (encore) beaucoup plus nombreux que dans le passé qui profitait notamment de cette fameuse partie rapide du milieu du parcours dont l’accès et la visibilité se sont considérablement améliorés depuis cette année pour se faire une idée des talents d’équilibristes de certains des meilleurs pilotes européens de la discipline.

Avec en surplus ce suspense hitchcockien, mais jugez-en vous-même, quelques chiffres à l’appui : 49,561 contre 49,638 en faveur de Nicolas Schatz en première montée de course, puis 48,990 pour Eric Berguerand face aux 49,132 de son adversaire, et enfin 49,192 contre 49,369 pour le pilote de la Norma-BMW M20 FC V8 correspondant au règlement français du groupe « CN+ », bref, on a échoué à 35 millièmes du match nul.

Une lutte que les poursuivants, malgré tous leurs efforts, étaient condamnés à observer de loin : ainsi, le quintuple vice-champion de France Sébastien Petit, lui aussi au volant d’une Norma-BMW V8, se retrouvait relégué à 1,699 secondes dès la première montée de course : « Je ne suis pas satisfait de moi-même », reconnaissait-il humblement avant de pouvoir améliorer son chrono de façon linéaire lors des deux montées suivantes, sans toutefois pouvoir franchir le fameux mur des 50 secondes et en accusant finalement, à l’addition des deux meilleurs temps, un retard considérable de 2,821 secondes, tout en prenant le large sur son poursuivant Geoffrey Schatz qui sur sa Reynard-Mugen 95D F3000 échouait à 9 dixièmes du podium, mais s’imposa finalement face à Cyrille Frantz sur l’Osella-BMW Pa27 V8 qui pour un court moment lui était passé devant en fin de journée. Le vice-champion de France Alban Thomas au volant de sa Reynard-Mugen Nippon quant-à-lui dut bagarrer ferme pour se défendre des attaques du Germano-Slovène Patrik Zajelsnik dont la Norma biplace est équipée du même moteur que la monoplace du Lyonnais. Belle prestation aussi du 3e du championnat suisse 2013 Simon Hugentobler, n’échouant qu’à 178 millièmes de la 7e place sur sa Reynard-Cosworth pilotée jadis
par Christian Hauser dont le fils David vivait des hauts et des bas lors de la première mondiale de sa nouvelle Wolf GB08F1.

Une lutte que les poursuivants, malgré tous leurs efforts, étaient condamnés à observer de loin : ainsi, le quintuple vice-champion de France Sébastien Petit, lui aussi au volant d’une Norma-BMW V8, se retrouvait relégué à 1,699 secondes dès la première montée de course : « Je ne suis pas satisfait de moi-même », reconnaissait-il humblement avant de pouvoir améliorer son chrono de façon linéaire lors des deux montées suivantes, sans toutefois pouvoir franchir le fameux mur des 50 secondes et en accusant finalement, à l’addition des deux meilleurs temps, un retard considérable de 2,821 secondes, tout en prenant le large sur son poursuivant Geoffrey Schatz qui sur sa Reynard-Mugen 95D F3000 échouait à 9 dixièmes du podium, mais s’imposa finalement face à Cyrille Frantz sur l’Osella-BMW Pa27 V8 qui pour un court moment lui était passé devant en fin de journée. Le vice-champion de France Alban Thomas au volant de sa Reynard-Mugen Nippon quant-à-lui dut bagarrer ferme pour se défendre des attaques du Germano-Slovène Patrik Zajelsnik dont la Norma biplace est équipée du même moteur que la monoplace du Lyonnais. Belle prestation aussi du 3e du championnat suisse 2013 Simon Hugentobler, n’échouant qu’à 178 millièmes de la 7e place sur sa Reynard-Cosworth pilotée jadis par Christian Hauser dont le fils David vivait des hauts et des bas lors de la première mondiale de sa nouvelle Wolf GB08F1. Après les deux montées d’essai plutôt prometteuse du samedi, le loup se montrait indomptable dimanche matin : « Dès le premier virage, j’ai senti que le comportement était bizarre, pire encore au deuxième tournant, ce qui m’a fait perdre confiance et freiner mon ardeur. » Pour le jeune Luxembourgeois, le manque de roulage au volant de sa nouvelle monture avant ce premier grand rendez-vous de la saison se faisait ainsi cruellement remarquer, n’ayant pas eu l’occasion de valider les réglages pour harmoniser le châssis italien avec les nouveaux pneus montés pour la première ascension dimanche matin. En fin d’après-midi, le sourire avait toutefois regagné le visage du champion luxembourgeois 2013 : « Le potentiel est là, pour un début, mes chronos des deux montées de l’après-midi sont plutôt satisfaisants et encourageants, reste maintenant à peaufiner l’ensemble en toute quiétude avant notre prochaine course du championnat d’Europe prévue fin juin à Ascoli en Italie. » Dans ces conditions et face à une concurrence internationale des plus relevées, faire mieux que sa 9e place finale aurait probablement relevé du miracle.

Pour clore le Top10, le triple champion de Belgique Jelle De Coninck a su glisser sa Norma-BMW 3 litres devant les F3000 du Suisse Denis Guélat (à 16 centièmes) et du Français Daniel Allais. Chapeau bas pour la championne de France 2013 Martine Hubert qui en terminant 13e sur sa Norma-BMW étonna plus d’un, laissant derrière elle quelques F3000, mais aussi sept des 10 protos biplace 3 litres présents ! Et que dire de la révélation du weekend, le jeune Picard Kevin Durot (22 ans en juillet prochain) qui profitait de son passé en karting sur ce parcours typé circuit pour hisser sa Norma-Honda 2 litres à la 14e place, juste derrière l’ancienne propriétaire de sa monture. Mention très bien aussi à Ludovic Cholley qui, après ses victoires de classe en 2012 et 2013, réalise le hattrick en formule 3 sur sa nouvelle Dallara-Mercedes F306 devant Samy Guth, Etienne Debarre et le Britannique Paul Buckingham, se payant même le luxe de finalement passer devant la Tatuus-Honda formule Master du Nordiste Anthony Loeuilleux.

Lutte impériale aussi entre Yves Tholy (Speedcar) et Fabien Bourgeon, dont la TracKing présentait à Eschdorf sa toute nouvelle robe inspirée des actuelles Audi DTM, un duel dont le premier cité sortait finalement vainqueur avec une avance de 0,183 secondes.

En voitures fermées, si l’Autrichien Herbert Stolz, licencié en Allemagne où il fut sacré champion des courses de côte l’an dernier, était intouchable sur sa monstrueuse Porsche 935 bi-turbo, les places d’honneur sur le podium se vendaient cher : le Tchèque Vladimir Vitver, 3e du championnat d’Europe 2013, sur sa splendide Audi TT DTM semblait le mieux parti pour accéder au 2e rang, mais l’ancien champion d’Europe 2005 et 2006 Jörg Weidinger (BMW 318 SuperTourisme) lui passait devant de deux centièmes ( !) à la dernière montée, se voyant à son tour arracher la troisième marche du podium par le très convaincant
Ronnie Bratschi, champion suisse des slaloms 2013, et sa Mitsubishi Lancer dont le nouveau moteur concocté par le fameux préparateur Eggenberger semble très prometteur en vue de la conquête d’un nouveau titre en Suisse, mais en courses de côte cette fois-ci.

Derrière les deux ex-DTM de Vitver (Audi TT) et Sebastian Schmitt (Opel Astra V8), victime d’une légère touchette samedi lors des essais, le double vice-champion de France Yannick Poinsignon tirait merveilleusement bien son épingle du jeu, classant sa CG Simca Turbo tout juste devant la Mitsubishi de l’Allemand Mario Fuchs, les Porsche 997 Cup de Nicolas Werver, en proie à pas mal de soucis techniques, et Yanick Bodson (B), la Subaru Impreza de l’Autrichien Mike Jelinek et la Ferrari 355 GT à moteur Zytek du Suisse René Ruch. Quant au Britannique Keith Edwards, tout en se montrant moins convaincant niveau chronos, il sut ravir le public avec les accélérations phénoménales de sa monstrueuse Audi quattro S1 d’environ 850 chevaux.

Bref, l’édition 2014 de l’European Hill Race d’Eschdorf appartient dorénavant au passé, avec des luttes sportives des plus intenses, un plateau diversifié et spectaculaire, un public extrêmement nombreux et une météo au top malgré un vent désagréablement frais samedi pour la journée d’essai. Place maintenant aux préparatifs des 1er « FIA Hill Climb Masters » réunissant sur ce même parcours les 11/12 octobre les meilleurs pilotes européens de la discipline, que ce soit ceux engagés en championnat d’Europe et en Coupe Internationale des courses de côte FIA que les représentants des différents championnats nationaux.

Texte: Patrick Weber (Union des Pilotes)

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